Lecture du monde

La terre est ronde pourtant ça ne tourne pas rond. Dans ce monde, l’obésité frappe plus fort que la malnutrition. L’injustice crève les yeux pourtant on les ferme peu à peu. On parle toujours contre les exclus mais jamais avec eux. Un partage, un échange, une semence. L’intégration se fait dans les deux sens. Pour ceux qui subissent l’ignorance. Prenez ce slam comme une minute de silence. Une minute de silence ! Et déjà les Blocher s’endorment sur leurs deux oreilles. Hélas, la nuit ne leur a pas porté conseils. La planète bleue vire au rouge à cause des billets verts. Qui prennent source dans les tréfonds de l’éphémère. Les paradis fiscaux pour les riches, le paradis artificiel pour nous autres. Bien sûr, le bonheur ne fait pas le malheur des autres. Les autres? Mais le changement ne peut venir que de soi. Agir local, global sera le résultat. Loin de l’indifférence, près de l’équité. A des kilomètres des dépendances, à deux pas de la liberté. Nous étions faits pour être libre, nous étions faits pour être heureux. Regarde le cœur sans toit, l’amour qui n’a plus de pieu. Regarde la main tendue qui ne trouve pas preneur. Regarde qui s’en va, le sourire de l’âme sœur. Manque de bol ou tout simplement manque de couille. On ne sait plus saisir l’instant de l’émerveille. Dans la société du bluff, dans l’époque du paraître. Beuverie pour être ce qu’on ose pas être. Regarde les sans-papiers dans un monde sans merci. Y’a pas d’essai pharmaceutiques sans les cobayes d’Asie. Y’a pas de fumée sans fric, y’a pas de fric sans se faire fumer. La poésie, une corde de plus à l’arc de la solidarité. Depuis, je n’ai plus la plume dans ma poche. Gravons l’espoir dans la roche. Depuis, j’ai appris l’alphabet de leur système. A lire entre les lignes, à écrire les poèmes. Car l’Homme moderne est enchaîné. Enchaîné par les chaînes télévisées. Il est le premier de la chaîne alimentaire. A se faire bouffer par les prédateurs de la jungle boursière. Pendant que la poésie dort sous mon palais. Les langues de bois s’éveillent sous le Palais, fédéral. Féodale, ils veulent qu’on soit. Car la face du monde est maquillé par les médias. Avoir tout dans l’immédiat ou être soi-même, c’est beau vous semble. Oui, on a le choix mais personne vote et tout le monde se ressemble. Parce que c’est la mode, parce que c’est la pensée unique. Qui broye les esprits, machine Outre-Atlantique. Mais que savent-ils de nos rêves d’enfants ? Ces marchants de sables, de sables mouvants. Ils nous enseignent à danser avec les ténèbres. A bâcler le goût des lèvres. A ne plus sourire dans les ruelles. A ne plus reconnaître l’étincelle. A être indifférent, à devenir sourd. A être attentif seulement lors de leurs discours. Alors, une lanterne à ceux qui ont perdue la flamme. Une bouffée d’amour à ceux qui ont le vague à l’âme. Une bouteille à la mer à tous les naufragés. Un pigeon voyageur à tous les rescapés. Une pensée à ceux qu’on oublie de panser.

Publicités
Published in: on 31 janvier 2011 at 10:22  Laisser un commentaire  
Tags: